Le Duc, Tam
1950 - 2022
Voici la simple arithmétique de sa vie : Tam a vécu 29 ans au Viêt Nam, 43 ans au Québec. Il a fait sa médecine deux fois, la première à Hué, la deuxième à l’UdeM. Il avait trois reins, dont un greffon qui a su lui offrir 11 magnifiques années de plus. Ses cinq plats préférés étaient, dans l’ordre : Bun Bo Hue, Cha Gio, Banh Boc Loc, Banh Beo et Pho. Il a pratiqué 32 ans pour Pierre-Boucher, à Longueuil, où, durant quelques années, il était l’unique pneumologue de garde. Sa vigie a été levée, pour la dernière fois, ce 7 janvier 2022.
Voici maintenant l’incalculable. Ses innombrables amis. Le soin qu’il a prodigué à ses patients. Son amour de la vie. L’éclat de son rire et de son humour. Son trajet, du fleuve des Parfums jusqu’au Saint-Laurent. Sa miraculeuse destinée, de réfugié démuni à pilier de sa communauté. La tristesse de sa famille : sa femme, Cuc Le Thi, ses fils, Ky Nam (Amélie Woehrling) et Ky Vy (Anie-Claude Paquin), son frère, Tue Le Duc (Kim Chi Vo) et filles, ses soeurs, Trang Le Thi Dieu (Khue Tu) et fils, Le Thi Diem Hoan (Le Viet Hoi) et enfants, Le Thi Diem Lien (Le Viet Thang) et fils, et, finalement, ses petits-enfants : Cléo, Iris et Miro.
En vertu des circonstances, les funérailles se dérouleront dans l’intimité de sa famille. Tam a marqué la vie de plusieurs et nous souhaitons recueillir dans l’immédiat les témoignages et photos de ceux qui l’ont connu et apprécié sur : www.leductam.ca. Ces messages seront partagés lors d’une célébration en son honneur. Un être grégaire, Tam avait fait de sa cour un lieu de rassemblements et de célébrations, de fiançailles et mariages. C’est là que nous inviterons cet été, pour une dernière fois, tous ses amis et proches.
Fils de mère monoparentale, la première moitié de la vie de Tam s’est déroulée sous les exactions de la guerre. Déraciné plusieurs fois, Tam a successivement quitté Hué et Saigon. Parti en bateau, en 1979, avec sa femme et son frère, ils ont passé dix jours en mer, rejetés plusieurs fois par des pays voisins, surchargés de réfugiés. Ils ont enfin accosté sur une île presque déserte, en Indonésie, où ils ont coulé leur propre navire, pour être certains de rester. Francophone de son éducation jésuite, Tam a naturellement choisi le Québec.
Arrivé à Montréal, Tam a travaillé dans une usine de métallurgie avant de reprendre ses études. Ses enfants se rappellent ses innombrables heures assis devant ses livres. Studieux et doté d’une impressionnante mémoire, Tam n’allait jamais prendre de réelle retraite. Son travail l’animait au plus haut point. Nous retenons de lui son optimisme à tout épreuve, sa ténacité, sa persévérance, son sens du devoir et de la communauté. Il a vécu davantage que la plupart d’entre nous et ne prenait aucun jour pour acquis. Sa vie a été exceptionnelle, une source d’inspiration pour tous. C’est ainsi qu’il continuera de vivre, en chacun de nous, pour toujours.
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